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  1. Whopila

    Magellan PPD épisode 5

    "... Pour que la fête soit plus folle" Audenti succedit opus !
  2. Whopila

    Un long voyage sur l'Océan

    Le 26 nous arrivâmes à une des îles Canaries, appelée Ténérif, située par le 28° de latitude septentrionale. Nous nous arrêtâmes trois jours dans un endroit propre à faire de l'eau et du bois ; ensuite nous entrâmes dans un port de la même île qu'on appelle Monte-Rosso, où nous passâmes deux jours. On nous raconta un phénomène singulier de cette île ; c'est qu'il n'y pleut jamais, et qu'il n'y a ni source d'eau ni rivière ; mais qu'il y croît un grand arbre dont les feuilles distillent continuellement des gouttes d'une eau excellente, qui est recueillie dans une fosse au pied de l'arbre ; et c'est-là que les insulaires vont puiser l'eau et que les animaux tant domestiques que sauvages viennent s'abreuver. Cet arbre est toujours environné d'un brouillard épais, qui sans doute fournit l'eau à ses feuilles. C'est un ancien conte. Les savants prétendent que cette île est la Pluviala ou l' Ombrion, dont parle Pline (liv. VI, ch. 87), qui les met au nombre des Canaries, et dit que dans la première on ne boit que de l'eau de pluie, et que dans la seconde il ne pleut jamais ; mais que les habitants recueillent l'eau qui distille des branches d'un arbre. Les navigateurs postérieurs qui ont visité cette île n'ont point parlé de ce phénomène. Il s'y trouve également une bien curieuse façon parler : Le Silbo. C'est le langage sifflé des Gomeros, les habitants de l'île de La Gomera. Les Guanches, les autochtones des îles Canaries, utilisent une forme sifflée de leur langue... Le Lundi 3 octobre, nous fîmes voile directement vers le sud. Nous passâmes entre le cap Verd et ses îles situées par le 14° 3o' de l'atitude septentrionale. .../...
  3. Whopila

    Un long voyage sur l'Océan

    Le 20 Septembre nous partîmes de San-Lucar, courant vers le sud-ouest . Comme il y a des hommes dont la curiosité ne seroit pas satifaite en entendant raconter simplement les choses merveilleuses que j'ai vues et les peines que j'ai souffertes dans la longue et périlleuse expédition que je vais décrire ; mais qui voudroient savoir aussi comment je suis parvenu à les surmonter, ne pouvant ajouter foi au succès d'une pareille entreprise, s'ils en ignoroient les moindres détails ; j'ai cru devoir exposer, en peu de mots, ce qui donna lieu à mon voyage, et les moyens par lesquels j'ai été assez heureux de l'exécuter. L'an 1519 j'étois en Espagne à la cour de Charles-Quint, roi des Romains, avec monseigneur Chiericato, alors protonotaire apostolique et orateur du pape Léon X. Or, comme par les livres que j'avois lus, et par les entretiens que j'avois eus avec les savants qui fréquentoient la maison de ce prélat, je savois qu'en naviguant sur l'Océan, on y voit des choses merveilleuses, je me déterminai à m'assurer par mes propres yeux la vérité de tout ce qu'on en racontoit, afin de pouvoir faire aux autres le récit de mon voyage, tant pour les amuser, que pour leur être utile, et me faire, en même temps, un nom qui fut porté à la postérité. L'occasion s'en présenta bientôt. J'appris qu'on venoit d'équiper à Seville une escadre de cinq vaisseaux destinée à aller faire la découverte des iles Moluques, d'où nous viennent les épiceries, et que don Ferdinand Magellan, gentilhomme portugais, et commandeur de l'ordre de Saint-Jacques de la Spata, qui déjà plus d'une fois avoit parcouru l'Océan avec gloire, étoit nommé capitaine général de cette expédition. Je me rendis donc sur-le-champ à Barcelone pour demander à sa majesté la permission d'être de ce voyage, ce qu'elle m'accorda. De là, muni de lettres de recommandation, je passai à Malaga sur un vaisseau, et de Malaga je me transportai par terre, à Séville, où j'attendis trois mois, avant que l'escadre fut en état de partir. .../...
  4. Le Capitaine général, Ferdinand Magellan, avoit résolu d'entreprendre un long voyage sur l'Océan, où les vents soufflent avec fureur, et ou les tempêtes sont très fréquentes. Il avoit résolu aussi de s'ouvrir un chemin qu'aucun navigateur n'avoit connu jusqu' alors, mais il se garde bien de connoitre ce hardi projet, dans la crainte qu'on ne cherchât à l'en dissuader par l'aspect des dangers qu'il auroit à courirr, et à décourager son équipage. Aux périls attachés naturellement à cette entreprise se joignoit un désavantage de plus pour lui ; c'est que les capitaines des quatre autres vaisseaux, qui devoient être sous son commandement, étoient Espagnols, et que Magellan étoit Portugais. Avant de partir il fit quelques réglemens, tant pour les signalemens, que pour la discipline. Pour que l'escadre allât toujours de conserve, il établit pour les pilotes et les maîtres les règles suivantes. Son vaisseau devoit toujours précéder les autres ; et pour qu'on ne le perdit point de vue pendant la nuit, il avoit un flambeau de bois, appelé farol, attaché à la poupe de son vaisseau. Si, outre le farol, il allumoit une lanterne, ou un morceau de corde de jonc, les autres navires devoient en faire autant, afin qu'il s'assurât par-là qu'ils le suivoient. L'orsqu'il faisoit deux autres feux, sans le Farol, les navires devoient changer de direction, soit pour ralentir leur course, soit à cause du vent contraire. Quand il allumoit trois feux, c'étoit pour ôter la bonnette, qui est une partie de voile qu'on place sous la grand'voile, quand le temps est beau, pour serre mieux le vent et accélérer la marche. On ôte la bonette quand o, prévoit la tempête : car il faut alors l'amener, pour qu'elle m'embarasse pas ceus qui doivent carguer la voile. S'il allumoit quatre feux, c'étoit une signe qu'il falloit amener toutes les voiles ; mais lorsqu'elles étoient pliées, ces quatre feux avertissoient de les déployer. Plusieurs feux ; quelque coups de bombardes (canons), servoient d'avertissement que nous étions près de terre ou de bas-fonds, et qu'il falloit par conséquent naviguer avec beaucoup de précaution. Il yavoit un autre signal pour indiquer quand il falloit jeter l'ancre. On faisoit trois quarts chaque nuit ; le second qu'on appelle medora (moyenne-heure), à mi-nuit ; et le troisième vers la fin de la nuit. Par conséquent tout l'équipage étoit partagé en trois quarts : le premier quart étoit sous les ordres du capitaine ; le pilote présidoit au second ; et le troisième appartenoit au maître. Le commandant général exigea la plus sévère discipline de l 'équipage, afin de s 'assurer par-là de l'heureux succès du voyage. Lundi matin, 10 août de l'an 1519, l'escadre ayant à bord tout ce qui lui étoit nécessaire, ainsi que son équipage composé de deux cent trente-sept hommes, on annonça le départ par une décharge d'artillerie, et on déploya la voile de trinquet. Nous descendîmes le fleuve Bétis jusqu'au pont de Guadalquivir, en passant près de Jean d'Alfarax, autrefois ville des Maures très peuplée, où il y avoit un pont, dont il ne reste plus de vestige, à l'exception de deux piliers qui sont debout sous l'eau et auxquels il faut bien prendre garde ; et pour ne rien risquer on ne doit naviguer dans cet endroit qu'avec l'aide de pilotes et à la haute marée. En continuant de descendre le Bétis, on passe près de Coria et de quelques autres villages, jusqu'à San-Lucar, château appartenant au duc de Medina Sidonia. C'est là qu'est le port qui donne sur l'Océan, à dix lieues du cap Saint-Vincent par le 37° de latitude septentrionale. De Séville à ce port il y a dix-sept à vingt lieues (La lieue dont se sert notre auteur est de quatre milles Maritimes). Quelques jours après, le capitaine général et les capitaines des autres vaisseaux vinrent de Séville à San-Lucar sur des chaloupes ; et on acheva d'approvisionner l'escadre. Tout les matins on descendoit à terre pour entendre la messe dans l'église de N.D. De Barrameda ; et avant de partir le capitaine voulut que tout l'équipage allât à confesse ; il défendit aussi rigoureusement d'embarquer aucune femme sur l'escadre.